Écurie active : avantages, inconvénients et effets sur la prairie
L'écurie active fait vivre les chevaux en groupe sur une surface aménagée, où des automates distribuent à chacun sa ration. C'est l'organisation la plus équipée des quatre. Voici ce qu'elle apporte, ce qu'elle demande de surveiller, et ce qu'elle fait à l'herbe.
Ce que c'est
Les chevaux vivent en groupe sur une surface aménagée, organisée en zones distinctes : l'aire de repos d'un côté, les postes d'alimentation d'un autre, l'eau ailleurs encore, parfois une aire de roulade ou un accès aux prés. Les distances entre ces zones font marcher les chevaux au fil de la journée.
Ce qui la caractérise, ce sont les automates. Chaque cheval est identifié à son entrée dans un poste d'alimentation et reçoit sa ration de foin ou de concentré selon ce qui a été programmé pour lui, répartie sur les vingt-quatre heures. L'alimentation individuelle devient possible sans séparer les chevaux.
Ce qu'elle a pour elle
La ration individuelle d'abord. Dans un groupe, nourrir chaque cheval selon ses besoins suppose normalement de les séparer. Ici, l'identification le fait à leur place : le cheval entre dans le poste, l'automate reconnaît qui il est et lui donne ce qui lui revient. Le foin arrive en petites quantités étalées sur la journée et la nuit, ce qui se rapproche de la façon dont un cheval mange naturellement.
Le mouvement ensuite, produit par la distance. Repos, eau, alimentation et abris sont volontairement éloignés les uns des autres : pour boire après avoir mangé, il faut traverser. Le cheval marche sans qu'on le lui demande.
La vie en troupeau, aussi, qui est permanente : les chevaux ne sont ni isolés ni enfermés, et dorment ensemble.
L'échelle enfin. Une fois l'installation en place, un grand nombre de chevaux se gère avec peu d'intervention quotidienne : les automates distribuent, l'humain remplit et surveille. C'est ce qui rend le système praticable pour une structure professionnelle.
Ce qu'elle demande de surveiller
L'investissement d'abord, et c'est le plus lourd des quatre organisations : les automates, les sols stabilisés, souvent un bâtiment. Ce n'est pas un système qu'on installe par étapes comme on tend un fil dans un pré — il se décide et se finance en une fois.
La dépendance technique ensuite. L'alimentation passe par des machines, donc par l'électricité et par une maintenance. Une panne de distributeur n'attend pas le lendemain : il faut savoir intervenir, ou avoir quelqu'un qui le peut rapidement.
La vie du troupeau enfin. Les postes d'alimentation sont des passages obligés, et la hiérarchie s'y exprime : un cheval dominé peut renoncer à y aller. Les automates enregistrent les passages, mais c'est en regardant le troupeau qu'on repère celui qui n'ose plus s'approcher.
Reste la surface, souvent réduite et entièrement sacrifiée : le lieu de vie ne produit rien, et il n'est pas fait pour ça.
Pour la prairie
De ce point de vue, l'écurie active est dans la même situation qu'un paddock paradise : le lieu de vie absorbe tout — piétinement, crottins, stationnement — et les prés sont entièrement libres.
Libres, et facultatifs. Comme l'alimentation est couverte par le fourrage distribué, une écurie active peut tourner sans mettre un cheval au pré de toute l'année. Le pâturage devient un choix, pas une nécessité : on le conduit si on le veut, au rythme qu'on veut.
C'est la situation la plus confortable qui soit pour une prairie, et celle qui repose le plus sur une décision. Rien n'oblige jamais à ouvrir une parcelle qui n'est pas prête, donc rien ne l'abîme par contrainte. Mais rien ne rappelle non plus qu'elle est là — et une surface où ne passe ni animal ni faucheuse se ferme peu à peu en ligneux.
Ici, le pâturage n'est plus une obligation : c'est une décision à prendre pour que la prairie continue d'en être une.
L'écurie active demande un engagement financier et technique que les autres organisations n'exigent pas, et le rend en confort de gestion au quotidien. Quant aux prés qu'elle laisse disponibles, le guide du pâturage tournant explique comment les conduire.
Et dans votre pré ?
Si vos chevaux sortent peu ou pas au pré, allez regarder vos parcelles en juin. Ce qui y pousse vous dira si ce sont encore des prairies, ou si elles sont en train de devenir autre chose.